Eureka! Productions
 
Cinéma Québécois

L'ÂGE DE LA PERFORMANCE

Résumé

Reconnu depuis ses débuts comme une forme d’expression essentiellement culturelle et identitaire, notre cinéma a vécu ces dernières années un changement de cap majeur en passant à l’âge de la performance commerciale. Le pouvoir est donc passé aux mains des gros distributeurs qui, à coups de campagnes de promotion agressives et coûteuses, ont réussi à faire la conquête d’écrans monopolisés depuis toujours par les Américains. Bravo! Mais il y a un prix à payer pour cette réussite. C’est celui de l’uniformisation.

Synopsis

Reconnu depuis ses débuts comme une forme d’expression essentiellement culturelle et identitaire, notre cinéma a vécu ces dernières années un changement de cap majeur en passant à l’âge de la performance commerciale.

Si les acteurs du milieu cinématographique se réjouissent unanimement de la popularité récente de notre cinéma, la plupart s’entendent aussi pour reconnaître que les politiques axées sur le box office ont des effets pervers. Les ressources financières allouées aux films d’auteur diminuent alors que le nombre de postulants à la réalisation explose avec la multiplication des écoles de cinéma. Résultat : des cinéastes chevronnés et de nouveaux cinéastes prometteurs font la file dans l’espoir d’un ticket pour une éventuelle réalisation dans deux, trois ou... cinq ans. La continuité dans l’exercice du métier n’existe plus. Or, le but de l’existence n’est pas d’avoir des millions et de diriger cinquante personnes, c’est de faire un film, de construire une œuvre, dit le cinéaste Bernard Émond.

Dans cette optique de performance commerciale, les stratégies de distribution et de mise en marché constituent l’élément clef pour la sélection des films à produire. Le pouvoir est donc passé aux mains des gros distributeurs qui, à coups de campagnes de promotion agressives et coûteuses, ont réussi à faire la conquête d’écrans monopolisés depuis toujours par les Américains. Bravo! Mais il y a un prix à payer pour cette réussite. C’est celui de l’uniformisation. Nos films, portés par des vedettes populaires vite surexposées, sont de plus en plus calqués sur les films de genres hollywoodiens familiers du grand public, thrillers, films d’action, comédies romantiques. Sur le plan financier, les investissements à la mise en marché sont si élevés que les recettes aux guichets peinent à les couvrir, si bien que, toutes proportions gardées, les petits films retourneraient plus d’argent aux institutions de financement que les films à gros budgets.

L’équilibre reste donc à créer entre les pôles culturels et commerciaux de notre cinéma. L’audace, l’imagination, le risque et la continuité doivent être encouragés, à défaut de quoi notre cinéma, figé dans des formules éprouvées, perdra toute spécificité. Diversité et qualité sont les clefs du succès.

Extrait vidéo


Cinéma Québécois, l'âge de la performance.

Participants

Denys Arcand, Michel Brault, Marcel Carrière, Fernand Dansereau, Sophie Deraspe, Pascale Ferland, Roger Frappier, Maxime Giroux, Jean-Claude Labrecque, Stéphane Lafleur, Jean-Pierre Lefebvre, Yves Lever, Werner Nold, Benoit Pilon, Anne-Claire Poirier, André Turpin.

Fiche

Producteur au développement : Claude Godbout.
Scénariste et réalisateur aux entrevues : Georges Privet.
Réalisateur : Jean-Pierre Maher.
Monteur : Lucie Juillet.
Producteur : Claude Goddbout et France Choquette.
Producteur associé : Jean Roy.

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