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L'IDENTITÉRésuméAu début des années 60, le Québec passe à la vitesse de l’éclair de la ruralité canadienne-française à une société urbaine et moderne qui se définira bientôt comme québécoise. Aujourd’hui, les cinéastes dans la trentaine et la quarantaine ont du mal à définir leur génération. On est passé d’un cinéma politique au nihilisme et à l’individualisme résume Denis Villeneuve. Mais ce qui m’inspire au Québec, c’est le rapport de pouvoir entre hommes et femmes. Le Québec est une forme de laboratoire, un univers qui avance, qu’on peut observer ici mais pas ailleurs. Ainsi, le Québec serait peut-être à se forger une identité bien distincte, à l’avant-garde des évolutions sociales dans le monde.
SynopsisAu début des années 60, le Québec passe à la vitesse de l’éclair de la ruralité canadienne-française à une société urbaine et moderne qui se définira bientôt comme québécoise. À l’ONF, un groupe de jeunes cinéastes témoigne avec force de cette révolution qui coïncide avec l’affirmation identitaire d’un Québec encore sous le joug anglophone. En 1962, Arthur Lamothe réalise Les bûcherons de la Manouane, portrait de fils de cultivateurs partis vers le nord gagner durement leur vie, tandis que les Brault, Dufaux, Godbout, Jutra tournent collectivement À St-Henri le 5 septembre, un premier film urbain qui dépeint avec sensibilité un quartier ouvrier. L’année suivante, Pour la suite du monde, de Pierre Perrault, puise à la source de notre identité avec les Tremblay de l’Isle-au-Coudres, et Claude Jutra porte à l’écran À tout prendre, long métrage d’une singulière modernité où le cinéaste questionne les notions d’identité personnelle et culturelle. En 1973, Gilles Groulx signe 24 heures ou plus, éloquent manifeste politique, longtemps interdit de diffusion par l’ONF. L’échec du référendum de 1980 rend nos cinéastes orphelins du rêve qui les nourrissait. C’est là qu’il fallait que ça se passe. On n’a pas eu ce courage-là, regrette Paule Baillargeon. Cynique, Pierre Falardeau réagit avec son Elvis Gratton qui rêve des USA parce qu’ils l’ont l’affaire, les Américains. Pour Micheline Lanctôt, notre cinéma souffre de l’absence de mythes nationaux, car un peuple se fonde et se définit par ses mythes, ses héros. Jacques Godbout illustre cette pensée avec Alias Will James et L’affaire Norman William, qui portent à l’écran la vie de deux Canadiens-français catholiques partis construire leur propre mythe aux États-Unis, l’un en cow-boy, l’autre en Indien! Aujourd’hui, les cinéastes dans la trentaine et la quarantaine ont du mal à définir leur génération. On est passé d’un cinéma politique au nihilisme et à l’individualisme. On a suivi la courbe internationale. Je ne sais pas où on s’en va, résume Denis Villeneuve. Mais ce qui m’inspire au Québec, c’est le rapport de pouvoir entre hommes et femmes. Le Québec est une forme de laboratoire, un univers qui avance, qu’on peut observer ici mais pas ailleurs. Ainsi, le Québec serait peut-être à se forger une identité bien distincte, à l’avant-garde des évolutions sociales dans le monde. Extrait vidéoCinéma Québécois, l'identité. ParticipantsJeremy Peter Allen, Paule Baillargeon, Roy Dupuis, Pierre Falardeau, Jacques Godbout, Micheline Lanctôt, Francis Leclerc, Martin Leclerc, André Turpin, Denis Villeneuve. Fiche
Producteur au développement : Claude Godbout.
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